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Le Devoir d'une Dame de Compagnie

Chiyoko Sakai


Kunoichi

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Mar 23 Jan 2018 - 16:20
"Si vous devez juger la valeur d'une personne, regardez la façon dont elle traite ses inférieurs et non pas ses égaux." Une sentence très connue et qui n'avait jamais si bien fonctionné qu'aujourd'hui. C'était ainsi, les personnes d'un haut rang avaient souvent peu d'honneur, d'autant plus en ces temps de troubles, si on exceptait les hommes et femmes suivant la voie du Bushido. Ryôsuke Ishii était un homme puissant, outre son pouvoir sur la région, sa famille avait également le soutien inconditionnel de l'Empereur, ainsi que les soutiens d'autres hommes et familles influents. Un homme riche, très proche du pouvoir, ayant entre ses mains un large réseau de richesses, plus ou moins légales, et ayant droit de vie ou de mort sur ses concitoyens. Un homme qui n'était cependant pas aussi méfiant qu'il le devrait, trop confiant en son entourage et ne pensant pas qu'on puisse le poignarder dans le dos. Amusant, très amusant, jamais Chiyoko n'aurait cru qu'il soit si simple pour elle de se faire embaucher comme Dame de Compagnie. Le gérant des employés ne se méfiait pas plus que son maître, à tel point que ça en devenait d'une facilité absurde.

Ce matin-là, Madame était souffrante et avait donc décliné au dernier moment pour accompagner son époux dans ses achats. La kunoichi était partie tout de même avec le petit convoi, car il fallait "le regard d'une femme" sur certains articles, une remarque presque crachée, sur un ton de mépris et de dédain. Leur seigneur très estimé détestait les femmes, mis à part lorsqu'elles étaient dans son lit. A l'aube, elle avait d'ailleurs surpris son employeur du moment à porter une nouvelle petite jeune fille à l'extérieur de la demeure, pour la conduire chez un médecin. Ce samouraï ne pouvait décidément guère s'en empêcher, dès qu'il voyait une personne mal en point ou victime d'une injustice, il se devait de se porter à son secours. Toujours souriante et polie, elle avança près du seigneur, pour le choix des teintures qui orneront la salle pour le prochain dîner avec ses invités d'honneur, dans deux jours. La petite danseuse sera-t-elle de nouveau du spectacle ? Difficile à déterminer, pour le moment, peut-être n'allait-elle plus servir que de jouet personnel à ce gros porc. Elle le surnommait ainsi car pendant qu'elle parait au veneur, il ne se gênait pas le moins du monde pour lui peloter les fesses comme s'il tâtait le gras d'un veau ou un cochon avant de l'acheter. Elle fit mine de rien, gardant les mains croisées devant elle en une posture respectueuse.

Chiyoko – Avez-vous des couleurs plus sobres ? Je crains que celles-ci ne soient un peu trop tapageuses.

Elle ne bougeait toujours pas, le gros porc allait sans doute prendre ça comme une invitation à aller plus loin. Qu'importe, elle avait déjà dû subir bien pire que ça, au cours de ses différentes missions, et était prête à faire ce qu'il faudra pour remplir ses contrats. Or, les femmes étaient une faiblesse très sérieuse pour ce seigneur, ses pulsions, qu'il ne contrôlait visiblement ça, le poussait à approcher d'un peu trop près des femmes pouvant être très piquantes. Sans doute se servait-il des jeunes hommes de la même manière... Il pouvait se servir d'elle comme il l'entendait, tant que cela lui permettait d'accéder aux preuves dont elle avait besoin, user de la flatterie, des mensonges et de la manipulation, sur un tel homme, était très efficace. Elle lui lança donc un très bref sourire en coin, comme si elle appréciait son comportement immonde, en attendant que le vendeur revienne avec les étoffes demandées.

Chiyoko – Mon Seigneur, dit-elle à voix basse, je crains que ceci ne déplaise à madame, je ne voudrai guère la choquer.

Bien entendu, il se moquera de cet avertissement, elle-même se moquant bien au fond de choquer cette femme ou non, ce n'était qu'une façon de l'attaquer. Soit docile, mais pas trop tout de même. Montre que tu en veux, sans trop t'imposer. Ces débuts étaient toujours assez délicats.

Chiyoko – Vous n'êtes pas déplaisant, mon Seigneur, je ne souhaite pas commettre le moindre impair.

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Ryôsuke Ishii


Seigneur de Chiba

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Ven 23 Mar 2018 - 11:28
Cette idiote d’Ayano tombait sans cesse malade, s’il avait su cela avant de devoir l‘épouser, nul doute que le mariage n’aurait jamais été conclu, comment bien paraître aux réceptions de l’Empereur lorsque votre épouse faiblissait et tombait au bout de dix malheureux pas ? Feu son père devait s’en retourner dans sa tombe, lorsqu’il voyait cela, c’était d’un lassant. Comment faire confiance à une femme, de toute manière, elles étaient tout juste bonne à porter les fils héritiers de la famille et à servir de distraction la nuit venue, mis part cela, une femme était encore moins utile que des taureaux tirant des charrues dans les rizières. Ryôsuke resserra un peu sa cape contre lui lorsqu’il posa pied à terre, avant d’avancer vers le magasin de teintures. Cette partie-là des achats à effectuer l’ennuyait profondément, les draps, vêtements, friperies et couleurs étaient l’affaire des bonnes femmes ! Heureusement que la sienne avait de nouveau une dame de compagnie, elle allait servir à sa place pour choisir les bons tons. Comme absolument tous les jeunes gens, garçons comme filles d’ailleurs, qui se trouvaient sur son chemin, le Daimyo l’évaluait physiquement comme il le ferait avec un veau sur le marché. Et estimer s’il en valait la peine.

La vie était souvent stressante, remplie de défis en tous genres, de problèmes à gérer, d’affaires importantes à suivre, de conventions sociales à respecter, d’un tas si élevé d’obligation et de travail qu’on s’en trouvait souvent à être au bord de l’explosion nerveuse. Pour éviter ça, chacun avait sa façon favorite. Des seigneurs partaient en chasse, s’entraînaient au combat à mains nues, certains méditaient, quelques uns organisaient des fêtes et ainsi de suite. Lui-même avait une faiblesse profondément marquée par la chair, des pulsions sexuelles jamais taries et qu’il ne pouvait pas assouvir avec sa propre épouse. Il aimait dominer ceux qu’il tenait entre ses mains, il adorait humilier garçons et filles, les ravaler au rang d’objet dont il pouvait user à loisir. Un opposant, juste avant qu’il ne le fasse tuer, lui avait crié que c’était une maladie mentale, qu’il n’était qu’un pervers sans Honneur. Cet imbécile avait dû trépasser, après avoir avalé le poison, en le maudissant par tous les Esprits. Quand bien même il s’agissait vraiment d’une maladie, le Daimyo n’était pas malheureux d’en souffrir, bien au contraire.

La boutique où étaient vendus draps et teintures était plutôt sombre, petite, tellement remplie de tissus en tous genres que l’atmosphère en devenait presque étouffante. Pendant que la nouvelle dame de compagnie parlait au vendeur pour choisir les étoffes et regarder ce qu’il lui présentait, Ryôsuke commença à lui peloter les fesses pour juger si elles étaient souples, fermes ou tendres. Les meilleurs partenaires étaient ceux qui avaient un fessier assez ferme, comme il l’avait découvert avec le temps. Cette bonne femme n’était pas trop mal, on dirait bien d’ailleurs qu’elle était habituée à faire travailler son forme jour après jour, malgré son statut social. Une pratiquante fervente de sport, sans aucun doute. Le fait qu’elle ne réagisse pas l’encourageait à se montrer plus insistant, la malaxant comme un vulgaire morceau de viande. Elle n’était de toute façon que ça. A un seul moment, elle ut un bref sourire en coin, qu’il lui rendit, quoi que plus mauvais. Bien, elle avait donc compris aussitôt où était sa place, ça devenait rare, par les temps qui courent.Le peuple était si souvent imbécile et incapable de comprendre vite où se trouvait son propre intérêt.

Dame de compagnie – Mon Seigneur, dit-elle à voix basse, je crains que ceci ne déplaise à madame, je ne voudrai guère la choquer.

Comme si l’état de Madame était encore une de ses préoccupations ! Non, l’état de sa femme ne l’inquiétait pas, il avait bien autre chose en tête. Ses projets, pour commencer, tout ce qu’il avait entrepris et qu’il menait avec un certain succès. Demain encore, de la nourriture allait être détournée pour être ensuite revendue à prix d’or sur le marché noir. Ses hommes de main avaient du travail chez plusieurs paysans, pour les effrayer, les intimider, les secouer un peu, tout cela sans que personne ne sache qui était le commanditaire. Ces paysans croyaient à des bandes armées, autonomes, venues les terroriser, hurlaient contre les samouraïs qui ne faisaient rien, ce qui brisait leur confiance et rendait encore plus difficile le travail de ces derniers. Diviser pour mieux régner, c’était ainsi que les choses fonctionnaient.

Dame de compagnie – Vous n'êtes pas déplaisant, mon Seigneur, je ne souhaite pas commettre le moindre impair.

Ryôsuke – J’aime qu’un objet comprenne aussitôt sa place, murmura-t-il.

Il la pinça à lui en faire mal puis recula, le temps qu’elle termine de choisir les teintures. Durant ce temps, il réfléchit à comment augmenter encre leurs trafics, qu’il trouvait encore ridiculement faibles, par rapport à ce qu’avaient pu mettre en place d’autres seigneurs dans tout le pays. Certes, sa famille avait gagné un pouvoir non négligeable par rapport aux d’autres Seigneurs, et ce n’était pas assez, toujours pas assez, il en désirait plus ! Et asseoir plus profondément son pouvoir… La population locale ne le craignait pas assez à son goût, il allait falloir remédier à ça. Quittant le flot de ses pensées, pour payer les achats et commander la livraison pour l’après-midi, il ressortit au-dehors avec la dame de compagnie et l’escorte. En chemin, il posa une main dure sur l’épaule de Chiyoko, l’abattant sur elle avec possessivité.

Ryôsuke – Dis-moi, toi qui connais le peuple, que pense-t-il de notre Famille ?

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Chiyoko Sakai


Kunoichi

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Lun 14 Mai 2018 - 11:16
Gros porc – J’aime qu’un objet comprenne aussitôt sa place, murmura-t-il.

Elle retint un sursaut lorsqu’il la pinça bien plus fort, ne gardant un sourire égal que par la force de l’habitude. Il serait très agréable qu’une fois cette mission achevée, le samouraï paye ensuite leur Clan pour faire assassiner cet homme. Elle en doutait, ce n’était pas dans leur Voie de l’Honneur et celui-ci avait l’air très à cheval sur le Code, cela dit, elle espérait très fortement qu’ils en arrivent à ce point. Mais que ce sale type l’agace encore un peu par des gestes comme celui-là et elle sera toute prête à venir lui prendre sa vie gratuitement, pour son plaisir personnel. D’ici là, elle reporta le regard sur les étoffes que le vendeur lui présentait, afin de choisir les plus adaptées pour la prochaine réception. Une fois cette course faite et la commande passée, elle resserra un peu son châle contre elle pour suivre la petite troupe dehors et passer à la suite. Elle marchait à petits pas en baissant la tête quand une main dure s’abattit sur son épaule, possessive déjà. Bien entendu, chaque puissant de ce monde avait une faiblesse, il était simplement dommage quand cette faiblesse était celle de la chair. Afin d’approcher ces personnes et endormir leur méfiance, il fallait trop souvent donner de son propre corps, une partie du métier hautement désagréable. Chiyoko ralentit un peu le pas pour l’adapter au sien, déjà dégoûtée de ce qu’elle devra accomplir avec cet homme pour endormir sa méfiance.

Gros porc – Dis-moi, toi qui connais le peuple, que pense-t-il de notre Famille ?

Chiyoko – Bien des personnes vous craigne, mon Seigneur, murmura-t-elle. Mais les esprits sont très préoccupés par la famine et ces bandes armées qui vont et viennent dans les campagnes, pillant et tuant sur leur passage.

Des « bandes » dont elle doutait qu’elles soient composées de simples pillards, d’après les éléments déjà obtenus sur elles et ce que lui avait dit son samouraï d’employeur. Les puissants seigneurs de ce pays aimaient à instaurer un climat de peur et de défiance pour mieux contrôler la population, la diviser, monter les personnes les unes contre les autres et alimenter la méfiance entre les castes sociales afin de mieux les asservir. Des techniques très simples, qu’on utilisait depuis la nuit des temps et don elle était certaine que ce seigneur maîtrisait absolument toutes les recettes. En silence, elle observa le seigneur procéder à ses achats d’armes et de pièces d’armure, enregistrant mentalement absolument tout ce qu’il payait et réfléchissant à la manière dont il comptera utiliser tout cela. Les samouraïs payaient eux-mêmes leurs armes et armures, dont à quoi pour un Daimyo de prendre tout cela ? Cette nuit, elle se chargera d’une fouille plus approfondie dans les comptes de la famille, une première fouille du moins, impossible qu’absolument tout se trouve à portée aussi facilement. Lorsqu’on blanchissait et détournait de l’argent, tout ne se trouvait pas bien en évidence dans les livrets de famille. Elle devait découvrir les ficelles de ce réseau, tous ses rouages, puis y glisser le doigt pour le saboter.

Tant de questions, encore trop peu de réponses. Et une fois qu’elle les détiendra, il ne restera que deux solutions. Ou bien l’Empereur décidait d’enfin s’attaquer à la corruption et agir devant autant de preuves évidentes, ou bien il tâchait d’étouffer l’affaire et prenait le risque d’une guerre civile. Car elle ne doutait pas que son employeur se démène à monter une véritable révolution, si jamais le dossier de preuves était jeté aux ordures. Les personnes avec ce tempérament ne supportaient pas les injustices, surtout aussi flagrantes, il se battra sûrement pour réparer celle-ci, quitte à y laisser la peau. Tout au long des achats, elle notait mentalement ce qui lui semblait important et qui apparaîtrait sûrement des plus insignifiants aux yeux d’autres personnes. Parfois, elle devait intervenir, lorsque cela concernait « les affaires des bonnes femmes ». Un Seigneur si charmant, comment comprendre que l’ensemble de la population le déteste ? Incroyable, tout de même, le peuple avait vraiment l’art de se faire des idées ! En entrant dans une nouvelle boutique, celle du tailleur, elle retint un petit soupir en voyant la qualité des tissus qu’on présentait au seigneur, songeant qu’un seul de ces rouleaux serait suffisant pour nourrir un village tout entier durant un mois.

Chiyoko – Désirez-vous des conseils pour votre future tenue, mon Seigneur ?

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