Forum RPG se basant au Japon en 1780 durant l'ère Edo, période de grande famine où chacun devra apprendre à vivre malgré les événements.
 
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Some hope for you

Mareo Ima


Médecin

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Sam 20 Jan 2018 - 18:31
Le jour s'était levé sur une aurore amère et pluvieuse, un temps à vous pousser à rester au chaud chez vous plutôt que de sortir braver le froid. Le village offrait un paysage désolant, avec tant de maisons effondrées depuis le dernier tremblement de terre et tous ces enfants affamés errant dans les rues. Mareo s'agenouilla au seuil pour inspirer l'air matinal, son bol de riz entre les mains, près de sa fille. Tous deux prenaient un petit-déjeuner peu copieux avant de s'affairer à leurs tâches quotidiennes. Le médecin profitait aussi de ce temps pour méditer et se défaire des douleurs physiques purement liées à l'âge. Oh combien les jeunes ignoraient leur chance de ne pas souffrir des troubles liées à l'affaiblissement du corps... Kuni le regardait avec cet air prouvant qu'on ne l'y trompait pas, elle se doutait de ce qui lui agitait l'esprit. Il posa sa main ridée sur la sienne pour la rassurer et lui sourire. Il allait bien, malgré tout, il se sentait heureux. Sa vie avait toujours été bien remplie et même aujourd'hui, alors que la vigueur l'avait en grande partie quitté, il avait encore des projets à bâtir et exerçait le métier qu'il aimait. Il n'était pas à plaindre, très loin de là.

Un chant très léger s'éleva de la maison attenant à la leur, comme chaque matin, accompagné d'une musique des plus douces, tirée d'une harpe. Tous les jours aux aurores, c'était ce même rituel, qu'il pleuve ou qu'il vente, leur voisine ne sacrifiait jamais ce moment. Il ignorait en quelle langue elle chantait, ce n'était pas du Japonais, sachant simplement que c'était la voix la plus mélodieuse qu'il ait eu la chance d'écouter dans sa vie. Aveugle et paralysée des deux jambes depuis un très grave accident, il y a plus de vingt ans, elle restait chez elle à tisser des vêtements et chantait chaque matin. Il écouta presque religieusement, tout en terminant de manger. Chacune chanson avait un ton triste et lointain, du moins, c'était l'impression qu'il en retirait, sans la compréhension des paroles. Cela lui évoquait un amour perdu, peut-être, ou bien le souvenir d'une terre aimée qu'elle ne foulera jamais plus. L'interroger à ce sujet serait un trop important manque de pudeur, c'est pourquoi il se plaisait simplement à écouter.

Le chant se taisait lorsque du mouvement se fit, plus loin. Mareo plissa légèrement les yeux pour mieux voir, entre les gouttes de pluie et la brume s'élevant du fleuve et passant entre les traverses, canaux et ponts, qui constituaient le village. Il finit par reconnaître le capitaine Iwasako, ce qui l'étonna un peu car il ne venait pas souvent dans les villages des bords du fleuve, sauf pour affaire concernant les samouraïs, et dans ce cas-là, il ne venait pas seul mais avec ses hommes. Or, ici, il semblait seul. Ou ,non, tiens... Une silhouette minuscule et enveloppée dans une longue cape, la couvrant des pieds jusqu'à la tête, presque entièrement cachée elle-même en étant enroulée d'un foulard, avançait à côté de lui. Il le suivit du regard assez longtemps pour réaliser qu'ils venaient près de leur petite maison. Mareo se leva pour les accueillir, saluant le capitaine avec respect. Ce visage était connu, dans ces montagnes, pour son sens aigu de l'Honneur et pour ses actes envers la population.

Mareo – Entrez, ne restez pas sous la pluie.

Il s'effaça pour les laisser entrer puis referma en douceur les portes coulissantes en bois, pour les isoler de la rue, avant de se tourner vers les deux visiteurs. La petite silhouette était une femme, ce qu'il comprit avec un peu de peine tant elle était emmitouflée. Était-elle blessée ? Elle marchait sans difficulté, en tout cas. Derrière eux, Kuni avait enlevé rapidement les bols de leur petit-déjeuner et attendait, prête à user de son savoir pour soigner qui aura besoin d'elle.

Mareo – Quel est le but de votre visite, capitaine ? Cette jeune femme est malade ou blessée ?

Il n'aimait guère s'adresser à d'autres quand la personne concernée était en face de lui, mais elle n'avait pour le moment pas lâché un seul mot, pas même pour saluer. Ou bien elle était muette, ou bien en état de choc. C'est pourquoi il garda le regard fixé, pour le moment, sur le samouraï pour obtenir de plus amples informations.

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Hiroshi Iwasako


Capitaine

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Mar 23 Jan 2018 - 14:00
Pourquoi était-ce encore étonnant, ils savaient tous, ici, comment leur seigneur traitait les femmes, y compris la sienne, et qu’il utilisait ses concubines comme de vulgaires objets. Le jour n’était pas encore levé et la pièce était faiblement éclairée par quelques lampes, produisant une lumière qui n’agressait pas les yeux. La jeune femme qu’il venait de récupérer, après l’avoir entendu pleurer et gémir doucement, était allongée sur un futon, avec Ayaka agenouillée près d’elle à voir ce qu’elle pouvait faire pour l’aider. Hiroshi était agenouillé près de la porte à les observer, les mains posées sur ses genoux, silencieux. Guère besoin d’être un grand génie pour comprendre que cette femme avait été violée par le seigneur Ishii et qu’elle était en état de choc. Elle ne parlait plus, se contentant de produire de faibles bruits, sans qu’on puisse la comprendre. Ayaka finit par relever les yeux et dire qu’il vaudrait mieux lui faire consulter un médecin. Il en connaissait un qui acceptera de la recevoir, même si elle était une hinin. Il se rapprocha et posa une main sur son épaule en lui demandant si elle pouvait marcher ou non. Sa femme l’aida pour la redresser, puis lui faire enfiler de quoi la couvrir. Il la laissa aussi se protéger en plus la tête d’un foulard, si ça l’aidait à sortir.

Une brume couvrait entièrement le sol, au-dehors, le jour peinait toujours à se lever, dans ces montagnes, lorsque venait l’hiver. Hiroshi soutint la jeune femme en quittant la maison, après lui avoir fait enfiler des sandales, et la souleva sans peine pour l’installer sur la selle de son cheval. Quelques uns de ses compagnons le virent, sans faire de commentaires ni lui demander où il se rendait. Une fois sa cape jetée par-dessus ses vêtements solides de voyage, comme s’il partait véritablement loin, il grimpa à son tour en selle puis prit les rênes, faisant un signe de tête à son épouse avant de partir. Une fois les portes de la demeure passée, il emprunta un chemin sinueux descendant vers la vallée, à bonne allure, poussant parfois certains paysans et voyageurs de bon matin à s’écarter de la route. Le village où vivait le docteur Ima n’était pas si éloigné, à cheval, la route était cependant très escarpée et parfois dangereuse, le fleuve restait définitivement un moyen plus sûr pour se déplacer. Tout en chevauchant, il sentait le dégoût monter, accompagné par la colère. Qu’un homme se conduise d’une telle façon avec une femme était déplorable, écœurant ! Un tel manque de respect lui donnait envie de vomir !

A l’arrivée au village, il confia son cheval à une étable publique, aux soins d’un page à qui il glissa une pièce dans la man, puis soutint la jeune femme pour l’emmener sur les passerelles de bis serpentant entre les mains, reliées par une multitude de ponts. Malgré l’heure très matinale, beaucoup de personnes étaient déjà au travail, préparant des filets de pêche, s’installant pour exercer leurs métiers, vendre leurs produits, quelques jeunes partaient pour le centre des artisans… Hiroshi conserva un bon rythme, rendant leur salut aux uns et autres, jusqu’à la maison où vivait le docteur avec sa fille. Ils étaient au seuil de leur maison, occupés à terminer un rapide petit-déjeuner. Le capitaine s’inclina à son tour pour les saluer, et le remercia lorsqu’il les invita à entrer. La jeune femme referma les portes coulissantes derrière eux, gardant la chaleur à l’intérieur de la pièce, et enleva les deux bols. Saki n’avait toujours pas lâché un seul mot, il se demandait si c’était par honte ou parce qu’elle n’aurait pas voulu venir ici. Dans les deux cas, elle devait absolument être examinée et soignée, le seigneur avait été brutal avec elle.

Ima-sensei – Quel est le but de votre visite, capitaine ? Cette jeune femme est malade ou blessée ?

Blessée, sûrement. En choisissant ses mots avec un très grand soin, car il serait bien idiot de se faire accuser dès aujourd’hui de manque de loyauté ou de trahison, il expliqua posément au docteur ce qui était arrivé à la jeune femme et donc le but de cette visite aujourd’hui. Il évita de donner des noms avec soin, sans dire quel homme l’avait agressée. Beaucoup refusaient de soigner les personnes comme elle, alors qu’elle en avait désespérément besoin. Il y avait aussi le risque qu’elle en soit tombée enceinte, elle devait en parler au docteur, afin qu’elle voit avec lui si elle pouvait avorter, à moins qu’elle ne se désire garder le bébé.

Hiroshi – Elle se nomme Saki Ikeda. Je vous paierai pour les soins que vous pourrez lui apporter, sensei.

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Saki Ikeda


Artiste de rue

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Mar 6 Fév 2018 - 9:35
"Reviens dans trois jours"... Ces simples mots ne cessaient de tourner en boucle dans son esprit, au point de la rendre presque malade. Trois jours, trois jours, trois jours... Elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas, elle préférait encore qu'on la traite comme une criminelle et qu'elle soit exécuté. Un long frisson la parcouru à cette idée et elle entendit encore sa mère lui lancer "Sois forte !". Pouvait-elle abandonner ? Elle avait déjà vécu ça une fois et avait relevé la tête, peut-être... Un linge mouillé fut tout à coup passé contre son front et elle frissonna en rouvrant les yeux. Une femme était genouillée à côté d'elle et lui nettoyait le visage, avec un air doux. Qui était-elle, comment Saki était-elle arrivée ici, où était-elle, pourquoi s'occupait-on d'elle ? Elle voulut parler mais aucun mot ne sortit de s abouche, juste un faible bruit. La terreur d'être tombée enceinte du monstre, par-dessus tout, l'horrifiait. Que devait-elle faire ? Elle n'était pas comme sa propre mère, comment garder un enfant conçu de cette façon ? Si maman avait pensé ainsi, jamais Saki ne serait venue au monde... Elle ne savait pas, elle ne savait plus, l'idée lui semblait encore trop horrible pour qu'elle puisse l'accepter.

Une main sur son épaule, tout à coup, le visage flou d'un homme au-dessus d'elle, une voix grave lui demandant si elle pouvait marcher. Cette simple question mit un temps infini avant de traverser un tant soit peu la brume emprisonnant son esprit depuis l'acte de cette nuit, son corps bougea par lui-même, elle ne comprenait plus rien. La femme l'habilla comme elle aurait habillé une toute petite fille, ce n'était même pas sa propre robe, froissée et abîmée, mais un kimono simple et chaud, avec des sandales, chaussettes et une longue cape pour protéger du froid. La femme prit aussi soin de lui mettre un foulard pour cacher ses cheveux et son visage. Saki ne parvenait toujours pas à prononcer un seul mot mais son regard reconnaissant pouvait parler pour elle. On l'emmena dehors, en silence, l'homme de toute à l'heure le tenait et la souleva sans effort pour la faire asseoir sur la selle d'un immense cheval. Où allaient-ils ... ? Ses lèvres scellées lui interdisaient de poser la question, elle se contenta de se laisser porter, sans la moindre réaction. La pluie fine et le froid du matin ne parvinrent qu'à peine à dissiper un peu la brume, pendant qu'ils passaient les chemins raides et cahoteux.

Au loin, un bruit d'eau courante se fit entendre, de plus en plus fort. *Le Fleuve...* songea-t-elle, sans vraiment réaliser tout de suite que l'homme la portait pour la faire remettre pieds à terre puis la soutenait en avançant. L'axe naturel l'avait toujours beaucoup réconfortée, curieusement... Quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe, il était toujours là, indifférent aux colères et aux joies des hommes. Le trajet à pied l'aida un peu plus à s'éveiller, bien que ça reste infime, elle voyait des personnes grimper dans des bateaux, pour les oublier aussitôt, des enfants porter derrière eux des paniers encore vides ou traîner de gros filets. Elle crut voir une femme entre deux âges lancer à sa fille qu'elle devait aller à l'école, une phrase particulièrement étrange dans la bouche d'une personne non riche et qui plus est s'adressant à une fille... Hébétée, Saki tourna la tête en entendant des voix plus proches, se retrouvant d'un coup à l'abri du vent et de la pluie, face à un homme âgé et une femme qui devait avoir entre trente et quarante ans. Nouveau frisson, soudain et violent, car le mot "viol" avait percé près d'elle, même dit d'un ton bas et noyé dans une phrase.

– Elle se nomme Saki Ikeda. Je vous paierai pour les soins que vous pourrez lui apporter, sensei.

C'était on nom, c'était elle... De nouveau emportée, comme une enfant, elle se laissa faire, ne retenant même plus le fil de sa propre vie. Tout était si confus... Une autre pièce, des paravents, elle referma les yeux lorsque la femme lui ôté son foulard et la cape. Bouger lui faisait mal dans le dos et dans les jambes, mais surtout, elle avait l'impression que son intimité la brûlait. Puis enfin, elle comprit où elle l'était, que cet homme qui l'avait conduite ici voulait qu'elle puisse être soignée, malgré son statut, sa condition sociale, et que cet autre homme était médecin et avait accepté de la prendre en charge. Cette constatation lui amena les larmes aux yeux, il restait donc des gens encore si bons dans ce monde. Un mot traversa enfin la barrière de ses lèvres, un simple salut, sur une voix presque étouffée, pendant qu'on l'examinait. Pour la première fois, elle se sentait un peu en sécurité... D'une voix faible, elle demanda au docteur de lui donner quelque chose pour ne pas être enceinte, elle avait de quoi le payer, juste... Qu'il... Si cela ne marchait pas, alors elle devra être aussi courageuse que sa propre mère, mais si jamais elle avait une chance de... Elle suivit à la lettre tout ce qu'il demanda de faire ou d'avaler, se vouant entièrement à lui pour, au moins, ne pas subir ça.

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Mareo Ima


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Jeu 15 Mar 2018 - 15:29
Le docteur échangea un long regard avec Kuni, alors que le samouraï leur expliquait ce qui était arrivé la nuit précédente à cette jeune femme. Il évitait très soigneusement de leur donner le moindre nom ou indice sur l’identité de l’agresseur de cette femme, pourtant, il pouvait s’épargner cette peine, la réputation du Seigneur n’était plus à faire dans les villages de la vallée ou ceux du Mont Atago. On ne le savait être un homme à femme, un homme violent également, un homme avec peu d’Honneur, quand bien même penser ça puisse être une trahison. Le vieil homme appréciait aussi le soin que mettait son visiteur à ne pas appuyer un seul instant sur la classe sociale de la jeune femme, sans doute par crainte qu’il refuse de la soigner ou de l’aider à avorter, si tel était son désir. C’était le cas de beaucoup de médecins, cela dit, le capitaine avait dû tomber sur ce genre d’individus plus souvent qu’à son tour, pour qu’il prenne autant de précautions avant d’ouvrir la bouche. Reportant le regard sur la toute jeune femme, il l’observa avec une certaine compassion, songeant qu’il était bien cruel d’infliger ce genre de sévices à qui que ce soit. Malheureusement, châtier un seigneur était quasiment impossible.

Capitaine – Elle se nomme Saki Ikeda. Je vous paierai pour les soins que vous pourrez lui apporter, sensei.

Mareo – Nous allons nous occuper d’elle. Veuillez attendre ici, capitaine, merci.

Avec l’aide de sa fille, ils conduisirent la jeune femme dans la pièce d’à côté, celle qui servait pour les soins, puis firent asseoir Saki. Tout d’abord, lui ôter doucement foulards et vêtements pour mesurer l’étendue des blessures et les laver, les désinfecter si besoin, avant de la soigner. Il était important de conserver des gestes aussi doux que possible pour les victimes de viol. Le docteur fit chauffer de l’eau, à température peu élevée, et prépara des linges propres, ainsi que les plantes dont il allait avoir besoin. Il revint ensuite près de sa patiente, commençant par nettoyer doucement les jambes, couvertes de bleues et de traces de griffure, soulevant délicatement le dernier rempart de tissu pour voir si son intimité n’avait pas été déchiré lors du viol, il arrivait parfois que des femmes aient besoin de points de suture, comme après certains accouchements. Sa fille lui apporta le linge et de l’eau chaude, pour qu’il lave avant de la désinfecter, qui sait quelles saloperies le Daimyo avait bien pu lui refiler. La petite parla tout à coup, d’une voix faible, un simple « bonjour » qui franchit en tremblotant la barrière de ses lèvres. Puis elle demanda, encore plus faiblement, à ce qu’on la fasse avorter. Mareo posa une main ferme sur son épaule, l’autre tenant le linge.

Mareo – Restez apaisée, nous sommes là. Vous ne garderez pas le bébé si vous ne le souhaitez pas.

Il n’était pas tout à fait certain qu’elle soit bel et bien enceinte, néanmoins, le risque était puissant. Si jeune, encore fertile, et le seigneur avait du la pénétrer plus d’une fois. Mareo se concentra d’abord sur le lavage du corps, la désinfection des plaies, avant de préparer la décoction abortive que l’on administrait aux femmes enceintes qui n’étaient pas encore rondes. Les premières semaines étaient les meilleures pour une femme ne souhaitant pas conserver le fœtus. Une fois la préparation faite, il aida la jeune femme à se redresser et la fit boire doucement. Une fois fait, il la recouvrit et la laissa aux soins de Kuni, pendant que lui-même sortait de la pièce et allait retrouver le capitaine. Le vieil homme s’agenouilla à sa place initiale, posant ses mains ridées contre ses genoux, et lui dit qu’ils avaient fait ce qu’ils avaient put pour elle. Elle ne devrait pas être enceinte, si d’aventure son agresseur l’avait bel et bien fécondée.

Mareo – Je comprend mieux d’où vient votre réputation, capitaine, sourit-il. Vous êtes proche du peuple, même des personnes habituellement rejetées ou méprisées. Le sens de l’Honneur n’est que d’autant plus important, par les temps qui courre. Et avec cette famine.

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Hiroshi Iwasako


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Jeu 22 Mar 2018 - 13:59
Ima-sensei – Nous allons nous occuper d’elle. Veuillez attendre ici, capitaine, merci.

Très bien. Le samouraï hocha la tête avec reconnaissance puis les regarda partir e soutenant la jeune femme, vers la pièce suivante, avant de s’installer à genoux sur le tatami. Les mains posées contre lui, il émit un très léger soupir, les yeux fermés, plongeant dans une certaine forme de méditation qu’il avait coutume d’utiliser lorsqu’il avait à réfléchir à des situations complexes ou lorsqu’il devait chasser la colère ou le dégoût avant de prendre une décision lourde de conséquences. C’était ainsi qu’il avait procédé, lorsqu’il s’était décidé à faire appel aux services de la kunoichi, et quand bien même elle ne lui avait pas encore délivré la suite de son rapport, il se doutait déjà de quels seront les résultats. Le Daimyo était impliqué jusqu’au cou, seules leur manquaient les preuves. Des preuves formelles, indubitables, indiscutables, des preuves qui ne pourront être balayées d’un simple revers de main par l’agissement des puissants du pays. L’Empereur ne pourra fermer les yeux. Hiroshi s’armait de cette certitude, pourtant, il doutait. Car il savait ô combien le jeu politique pouvait être assez puissant et retors pour balayer même un dossier accablant aussi solide que celui qu’ils étaient en train de préparer. Leur seigneur était très loin d’être sans appuis.

Or, pendant qu’il poursuivait les trafics avec ses pairs, le peuple continuait de souffrir. Les récentes catastrophes naturelles et la famine qui avait suivie ne suffisait pas pour leur montrer l’horreur de leurs actes, ils continuaient à tout faire pour s’enrichir, quitte à écraser encore plus les plus pauvres sur leur chemin ! Cette course aux richesses et à toujours plus de pouvoir se menait sur le dos de personnes qui ne réalisaient même pas ce qui se tramait contre elle, jouets inconscients et à la merci des puissants, qui refuseraient peut-être même de croire à pareille honte et déshonneur de la part de ceux censés les gouverner. Hiroshi ne supportait plus depuis longtemps une attitude aussi écœurante et n’avait trouvé que trop récemment des actions à mener contre elle. Il ignorait encore, parmi les autres samouraïs, à qui se fier. Cette tache d’identification lui prenait une bonne partie de son temps, car quoi qu’il arrive, il ne pourra mener cette tâche à terme seul, la corruption à un tel niveau ne pouvait être vaincue qu’en groupe. Et sans doute faudra-t-il éveiller le peuple à ce combat. Mais au risque de se retrouver avec une guerre civile ? Il ne voulait pas de ça, surtout pas. Ces gens courraient au massacre, si on en arrivait là.

Il devait exister une autre solution. Si le peuple se soulevait, mais sans violence aucune, si une pression populaire assez forte était menée, comment l’Empereur pourra-t-il l’ignorer ? Des hommes et femmes puissants dans ce pays devaient être les portes-paroles de la population, utiliser leur pouvoir ou influence personnels pour faire valoir leur voix. Ça allait être délicat. En ce moment, la population était surtout inquiète par la famine et n’avait pas la force nécessaire de lutter contre ceux qui les affaiblissait d’autant plus. Le capitaine soupira encore, puis rouvrit les yeux lorsque le médecin revint dans la pièce, venant s’agenouiller face à lui. Il lui raconta comment ils avaient pu soigner la jeune femme et faire en sorte de stopper toute fécondation, dans le cas où elle était bel et et bien enceinte. Très bien. Hiroshi s’inclina légèrement pour montrer sa reconnaissance, les yeux fermés un instant.

Ima-sensei – Je comprend mieux d’où vient votre réputation, capitaine, sourit-il. Vous êtes proche du peuple, même des personnes habituellement rejetées ou méprisées. Le sens de l’Honneur n’est que d’autant plus important, par les temps qui courre. Et avec cette famine.

Hiroshi – Vous enjolivez ma réputation, sensei. Cependant, je vous suis pour le sens de l’Honneur, c’est en effet une valeur que je cherche à porter quoi qu’il arrive. Je songeais à une chose, en ville, pour minimiser au maximum les effets de la famille, des organisations de charité tâchent de collecter de la nourriture auprès des riches familles pour ensuite la revendre à des prix très bas aux familles modestes. C’est un système que nous pourrions adapter à notre région, ceci étant, il serait bon que des personnes respectées et possédant une influence sur la population participent à concrétiser ce projet.

Il n’existait pas assez de mécènes assez riches dans les environs pour reprendre exactement le même système, cependant, il était possible que chaque famille mette ses moyens en commun pour assurer chaque jour un deux repas collectifs où tout le monde pourra manger à sa fin, et ce dans chacun des villages et petites villes de la vallée et des montagnes. Le samouraï expliqua ce à quoi il pensait plus en détails au docteur, tout en notant qu’il comprenait bien que toutes les villes et villages ne seront pas faciles à convaincre, que tous ne voudront pas tenter l’expérience. C’est pour cela qu’il cherchait à « recruter » des personnalités influentes, pour chaque lieu où ce projet pourrait être développé. On pourrait lui répondre que ce n’était qu’un pis-aller, que ça ne résolvait rien et que ce n’était qu’un moyen de plus de minimiser les conséquences sans rien arranger pour la véritable source du problème, oui, c’était vrai. Néanmoins, les racines dudit problème mettront longtemps avant d’être arrachées.

Hiroshi – Une autre solution serait de mettre plus activement en place, de nouveau, le troc et l’échange de services. Qu’en pensez-vous ?

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